Je vous en avais déjà parlé dans un précédent article: quand j’ai fait un burn out, j’ai dû profondément remettre en question mon choix d’être enseignante dans l’Education Nationale. J’ai alors listé les pour et les contre, tout simplement.

Aujourd’hui avec le recul, je constate que la plupart des arguments me poussant à quitter l’enseignement sont toujours valables. Ils étaient donc fondés.

 

Comment savoir si on fait le bon choix?

Quand on est en situation de crise, qu’on n’arrive plus à aller au travail et que l’angoisse est quasiment permanente, quand la tension est telle qu’on devient presque allergique au métier, il n’est pas facile de garder les idées claires et de retrouver le pourquoi de notre ras-le-bol.

Au niveau corporel et émotionnel, on est submergé par des sensations et des ressentis négatifs, sans compter toutes les pensées noires qui nous traversent l’esprit.

Il est alors important de pouvoir prendre le temps de faire un pas de côté et examiner la situation le plus objectivement possible, sans y rajouter du pessimisme. Ce n’est pas évident du tout de le faire seul, car quand on ne voit plus que les aspects négatifs du métier, il devient difficile de prendre du recul sur ce qui vient de notre vision déformée des choses et ce qui relève de faits objectifs.

 

Je vous partage ici mes notes personnelles de 2011. J’avais fait un burn out l’année précédente. J’ai changé de poste et j’allais bien mieux mais quelque chose était cassé et j’étais sûre de vouloir partir.

Je ne sais pas dans quelle situation vous êtes actuellement:

  • en simple questionnement sur la suite de votre vie professionnelle?
  • dans un état de burn out?
  • sur le point de partir en disponibilité ou démissionner?
  • en recherche de pistes de reconversion?

Quoi qu’il en soit, j’espère que les éléments de ma réflexion de l’époque vous aideront à vous conforter dans votre décision de partir ou de rester. 

Avoir un écho de ce que d’autres personnes ont traversé avant nous permet souvent de mieux faire le point par rapport à sa propre situation.

 je ne veux plus être prof

Je ne supporte plus d’être prof

J’ai donc établi ma liste des pour et des contre, en distinguant bien ce que je n’aimais pas dans le métier de prof et ce que je n’aimais plus (mais que j’avais apprécié jusqu’alors, ou bien réussi à supporter sans que cela me pèse de trop). Je vous partage texto ce que j’avais rédigé en 2011. Finalement je pourrais écrire la même chose aujourd’hui: rien n’a changé et j’ai bien fait de partir!

 

Ce que je n’aime pas dans ce travail.

  • n’avoir jamais fini. Pas de perspectives d’aboutissement, de “produit fini”, d’où une insatisfaction permanente. Je n’ai pas de résultat tangible de mon travail.
  • Evoluer dans les mêmes thèmes, les mêmes sujets d’une année sur l’autre… Au final je m’ennuie, peu de variété dans mon travail.
  • manque de contact et d’échanges avec les adultes
  • programmes toujours plus chargés et trop peu de temps, ce qui entretient la pression du “reste à faire ceci cela”.
  • le travail à faire en fin de journée alors que je suis à bout de forces, qui entretient l’impression de n’avoir jamais fini.
  • avoir souvent l’impression de faire des choses qui me semblent absurdes pour coller aux exigences institutionnelles
  • pas moyen d’évoluer dans cette branche
  • devoir rendre des comptes, principalement aux parents, pour des futilités et a contrario avoir un avis sur mon travail tous les 3-4 ans… Pas de retour critiquer sur mon travail = travailler à l’aveuglette = perte de motivation
  • gérer un groupe avec trop d’hétérogénéité. Je suis plus à l’aise avec un petit groupe d’élèves.
  • Pas d’accointances avec les collègues. Pas de stimulation intellectuelle.

 

Ce que je n’aime plus dans ce travail.

  • devoir répéter
  • devoir différencier, chercher d’autres façons de faire car en général il n’y a pas de résultats au bout de la recherche
  • devoir s’investir à perte = sans satisfaction
  • devoir travailler dans le bruit
  • ne s’occuper plus que des autres, travailler pour les autres exclusivement et pas pour moi (à relier au manque de contact avec les adultes et d’échanges stimulants)
  • ne pas pouvoir collaborer davantage avec les collègues
  • ne pas pouvoir avoir mon week end de libre, à vrai dire je m’en fiche, ce qui me dérange est de ne pas avoir l’esprit déconnecté du travail, stresser de ne rien faire le samedi parce que je vais devoir m’y mettre le dimanche, même si c’est peu de temps et même si je m’organise bien.

je ne veux plus être prof

Voilà…. c’est du brut de brut, recopié tel quel de ma feuille A4, il y a déjà 6 ans..

A l’époque, je n’avais vraiment personne à qui en parler… l’entourage compatit et soutient mais ans forcément tout comprendre, et même les thérapeutes et les médecins sont rarement sensibilisés au mal être enseignant.

Ce n’était pas qu’un simple moyen d’évacuer les idées négatives, même si cela m’avait beaucoup soulagée de mettre par écrit ce que je pensais tout bas.

C’est l’expression d’un gros ras-le-bol général d’une enseignante usée. J’aurais pu continuer et devenir totalement aigrie. Quand j’ai rédigé cela, j’étais déjà certaine de partir. J’avais déjà entamé une reprise d’études mais je pesais encore le pour et le contre, pour vérifier si je ne pouvais pas rester dans l’EN en exerçant dans d’autres conditions. Pour voir aussi si après mon burn out, j’avais toujours le même dégoût du métier ou bien si les choses s’étaient tassées.

Mais surtout pour affiner ma réflexion et déterminer quel type de travail me conviendrait.

 

 Et vous, avez-vous déjà établi la liste des arguments en faveur de votre départ de l’enseignement?

Si oui, quels points communs avez-vous avec les miens?