Si vous êtes ici, c’est que l’idée de rester enseignant vous rebute. Ou du moins, que vous ne vous voyez pas du tout rester sur votre niveau de classe actuel et/ou dans votre établissement.

Le gros hic, c’est que l’an prochain, vous ne savez pas à quelle sauce vous allez être mangé… et de nouvelles peurs s’installent:

la peur de ne rien obtenir au mouvement et de rester coincé encore une année;

 

la peur d’obtenir un poste à l’autre bout du département ou simplement trop loin de chez vous

 

la peur de récupérer un niveau de classe que vous détestez ou qui vous effraie

 

la peur de ne rien obtenir du tout, de devoir attendre la rentrée et donc de stresser et de trimer côté boulot pendant un trimestre.

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La peur s’empare de vous, à petite dose, et ça revient régulièrement dans vos circuits de pensée.

Alors, pour diminuer cette peur, qu’est-ce qu’on se dit?

au moins, je sais que j’aurai du travail à la rentrée;

 

au moins, je peux compter sur un salaire fixe et décent;

 

au moins, j’aurai les vacances pour m’organiser et avancer mon travail;

 

au moins, je n’aurai pas la peur de me retrouver sans travail;

 

au moins, je ne me prendrai pas la tête à chercher des offres d’emploi ou à préparer un concours.

Bref, on remplace une peur par… des frustrations. Tous ces “au moins” montrent bien comme ces affirmations ne sont que des limitations, on voit sa vie en petit. On se contente de la sécurité financière, matérielle et on se dit qu’on est déjà bien chanceux d’avoir tout ça.

Et si on commençait ces phrases par “au plus”, qu’est-ce que ça donnerait? Allez, j’essaie pour vous:

 

au plus, j’aurai la satisfaction d’avoir les plus belles préparations du monde;

 

au plus, je vais finir le mois avec un compte qui n’est pas à découvert;

 

au plus, j’aurai un jour ou deux pendant les vacances scolaires à consacrer à ma vie de famille, à mes loisirs et à mes amis;

 

au plus, j’apprendrai qu’une collègue vient de décrocher ce poste par détachement qui me faisait bien envie;

 

au plus, je regarderai les autres prendre leur avenir en main et parler de leurs démarches de reconversion.

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Pas facile de transformer ces “moins” en “plus”, et d’ailleurs au fur et à mesure que j’écrivais, je me suis fait la réflexion suivante: est-ce qu’on n’est pas plutôt dans du “au pire”?

 

Au moins, au plus, au pire, tout ça ce sont des arrangements pour se fabriquer une vie un peu étriquée, pas cousue main. C’est comme acheter une jupe vraiment plutôt chouette, d’ailleurs plus d’un million de personnes ont la même. C’est donc qu’elle doit être agréable à porter, n’est-ce pas?

On l’essaie: pas mal. Bon, on essaie de se convaincre, parce que ce serait dommage de passer à côté d’une jupe avec un tel rapport qualité-prix.

On admire la simplicité du modèle, sa fonctionnalité: efficace et… (pas cher?)

On est prêt à l’acheter et on est sûr qu’elle va devenir la pièce maîtresse de notre garder-robe.

Même si, au fond…

la couleur ne nous va pas tant que ça;

elle ne met pas en valeur nos formes;

elle est un peu terne;

le prix nous fait hésiter, est-ce qu’elle va tenir le coup si on la porte souvent?

elle n’a rien de la petite robe un peu folle qui nous fait de l’oeil depuis toujours dans une autre boutique.

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Mais bon,

  • au moins, on n’aura pas dépensé trop et ça ira avec tout;
  • au pire, on en rachètera une autre du même prix dans pas longtemps.

Qu’est-ce qui vaut mieux?

La jupe passe-partout ou bien la robe qui ne va qu’à nous?

Vous voyez où je veux en venir…

 

Bien sûr, personne ne peut raisonnablement passer d’un dressing de chez Cama*** à celui de chez YS*; et ce n’est pas la question.

La question est: est-ce que le vêtement que je porte me met en valeur, me fait me sentir bien, a été choisi avec le coeur et non seulement la raison, me rend positif et m’aide à aller de l’avant? (Oui oui, des fringues qui nous correspondent, ça peut nous dynamiser littéralement!)

 

Ma garde-robe a bien besoin d’un coup de neuf.

J’ai choisi par concession, ni trop ceci, ni trop cela. Cela ne me correspond plus. Je ne supporte plus les vêtements où je me sens un peu serrée, ceux où j’ai l’air d’un sac à patate ou d’un vampire, ceux que je retrouve dix fois dans la journée sur d’autres paires de jambes ou de bras, ceux qui me font me fondre dans une masse où je m’oublie.

Alors j’ai commencé le grand ménage. Le tri entre ce que je mettrai encore volontiers et ce que je vais donner.

C’est long, épuisant mais revigorant.

L’étape suivante, c’est choisir de nouveaux vêtements avec soin. Histoire cette fois de ne pas me tromper sur qui je suis et ce que je veux montrer.