Nouvelle interwiew avec le parcours de Frédérick Chesneau, ex-professeur d’anglais reconverti dans le domaine… du jeu ! L’écrit ne peut pas tout retranscrire mais je peux vous assurer qu’en discutant avec Frédérick, on ne peut que constater qu’il adore son nouveau métier et qu’il a pleinement réussi sa reconversion : ses peurs du début sont désormais derrière lui, et le bilan est plus que positif pour lui et son associé. Beaucoup d’entre vous se demandent s’il est encore possible de quitter son métier d’enseignant et de réussir à concilier travail et plaisir, tout en obtenant reconnaissance et satisfaction. En voici la preuve !

 

  • Quel est ton métier actuel et comment l’as-tu appris ?

Je suis patron dirigieant d’une entreprise de divertissement, plus précisément d’activité indoor, l’escape game : le principe du jeu est que des personnes enfermées dans une pièce ont 60 minutes pour en sortir en résolvant des énigmes scénariséses. Le jeu se déroule dans un décor créé spécialement, ce qui donne l’impression d’être dans une ambiance de film.

L’escape game est une activité tellement récente qu’il n’existe pas de formation spécifique. J’ai suivi un master en Sciences du jeu à Paris XIII. Le domaine du jeu m’a toujours fasciné. En parallèle de l’enseignement, j’avais travaillé comme bénévole dans une association de jeux. J’ai aussi travaillé pour Hasbro en tant qu’animateur de jeux sur des stands. J’ai découvert cette formation – juste à côté de chez moi- au moment de penser à la reconversion.

 

  • Pourquoi as-tu choisi de te reconvertir ?

Je n’ai jamais vraiment voulu être enseigannt. Ce métier que j’ai exercé durant 17 ans était sécurisant mais dès le début, je ne me suis pas senti à ma place. J’ai fait des efforts et j’ai eu quelques satisfactions et appris des choses qui me servent encore aujourd’hui, mais sans plus. Ce travail était alimentaire.

J’ai effectué un changement d’établissement en espérant que ça relance la machine, et ça a été tout le contraire. Le corps a dit stop et j’ai fait un burn out. J’ai été contraint de m’arrêter et de m’interroger:

« Est-ce que je peux continuer à faire ça en me faisant mal ?

Est ce que j’ai envie de passer le reste de ma vie sans entrain alors que j’ai déjà la quarantaine ? De quoi j’ai envie au final ? »

On n’est pas habitudé à se demander « qu’est-ce qui me transporte ? »

reconversion escape game

  • Peux-tu nous retracer brièvement ton parcours depuis que tu as lancé ton projet de reconversion ?

2015 : master 2 Sciences du jeu – que j’ai suivi pendant mon arrêt. Il ne faut pas avoir de scrupules et faire ce qu’on estime être pour bon pour soi. Stage autour du thème de le reconversion professionnelle organisé par la celllule mobilité carrière. : rien de très neuf mais de quoi conforter la décision du départ…

2015-2016 : en disponinilité, coordinateur dans une ludothèque– ça ne me convenait pas car l’environnement n’était pas favorable.

Mars 2016 : démission de la ludothèque et retour forcé à l’EN durant quelques mois (réintégration après disponbilité).

Un ami me sollicite pour aller visiter un escape game et rapidement, nous décidons de faire le saut et de nous lancer dans cette aventure grâce à une franchise !

Mars à juin 2016 : toujours en poste, mais le projet de création en parallèle aide à supporter le travail.

Stages à la CCI pour se former comme autoentrepreneur (formation payante mais les bases en comptabilité et notions juridiques sont très intéressantes et utiles)

Juillet 2016 : démission.

 

Quel regard ton entourage et tes collègues ont-ils porté sur ta reconversion ?


J’ai reçu beaucoup de soutien et de compréhension de la part de mon entourage. Mes collègues étaient au courant de mon souhait de départ.

A partir du moment où on sait ce qu’on veut faire, le regard des autres a moins d’emprise.

 

  • As-tu rencontré des difficultés lors de ta reconversion et si oui lesquelles ?

–  La demande d’IDV : seulement 25% du montant dû a été réellement perçu ! Il faut être prêt à relancer l’administration car tout est fait pour nous décourager.

–  La demande de démission : compliquée, car elle devait être acceptée au bon moment pour faire coïncider la création d’entreprise et obtenir le versement de l’IDV. J’ai dû faire un recours au tribunal administratif car le délai de 4 mois au bout desquels la réponse pour la démission devait être donnée, avait été dépassé.

 

  • Si tu devais repasser par ce processus de reconversion, qu’aurais-tu aimé avoir comme aide ou informations ?

Au final tout s’est bien déroulé ! A partir du moment où on a dédicé de s’y mettre , les choses se sont bien passsées, on a fait des rencontres qui nous ont permis d’avancer, des opportunités se sont présentées… Nous avons démarré en franchise, ce qui était sécurisant pour nous.

La peur qu’on a au début dépasse de loin la réalité !

 reconversion escape game

  • Quels points communs vois-tu entre ton métier actuel et ton ancien métier d’enseignant ?

L’escape game me demande la préparation d’un scénario d’une heure, on doit amener les gens là où on veut. L’objectif est que les gens s’amusent, pas qu’ils perdent pied. Il faut donc concevoir des choses réalisables et faire preuve de pédagogie. Il faut également arriver à comprendre les peurs et les réticences des gens.

En tant qu’ex-prof d’anglais j’apprécie de pouvoir m’occuper des clients anglophones.

Je suis amené à gérer pas mal d’imprévus : les gens ne sont jamais les mêmes, donc il me faut m’adapter à la clientèle.

  • Peux-tu nous décrire ta journée de travail ?

Je travaille tous les week ends. Je suis en repos le lundi.

Le matin je m’occupe de la gestion des réservations et du côté administratif à la maison, cela me laisse du temps pour les enfants.

13H30 : je suis à l’escape game, qui fonctionne à ce moment sur réservations, jusqu’à 21H30 environ.

Samedi matin : 9H-minuit

Dimanche : 9H-18H

Les vacances d’été ne me manquent vraiment pas : je m’amuse !

Parfois il y a des coups de rush où physiquement c’est dur… le corps tire la sonnette d’alarme et alors on lève le pied.

Je n’ai pas pris de vacances depuis 2 ans mais cela ne va sans doute pas tarder puisqu’on a maintenant des employés.

 

  • Qu’est-ce que tu adores dans ton travail actuel et qui n’existait pas dans ta vie d’enseignant ?

Je ne vais jamais au boulot à reculons !

J’ai de la satisfaction à faire ce travail. Dans l’EN, les élèves n’étaient pas forcément volontaires, là les gens choisissent de venir et me disent merci, alors que j’ai juste fait mon boulot!

Avant en tant qu’enseignant j’avais très peu de retour de la hiérachie, parfois un peu des élèves… Là je suis content, j’ai des retours immédiats et positifs !

reconversion escape game

  • A ceux qui hésitent à se reconvertir, à se lancer à leur compte comme toi, que conseillerais-tu ?

Je conseille aux futurs entrepreneurs de faire un stage avec la CCI pour voir concrètement les différents aspects de la gestion d’entreprise.

Ne pas hésiter à bien s’entourer !

Aller à la rencontre des gens qui font l’activité qui nous tente.

On apprend très vite sur le tas, ne pas s’inquiéter pour ça.

Beaucoup de la retenue qu’on éprouve est basée sur la peur, or c’est normal d’avoir peur mais la réalité est bien moins effrayante que l’idée qu’on s’en fait !

 

 

Merci beaucoup à Frédérick pour cet échange!

Le lien vers le site de l’escape game qu’il co-dirige: https://www.escapeyourselflemans.com